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Rennes à travers les plans

1720, le grand incendie

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En 1720, Rennes est frappée par un tragique et gigantesque incendie qui dévore quasiment la moitié nord de la ville. Une catastrophe qui a conduit les ingénieurs et architectes du XVIIIe siècle à réaménager totalement le centre-ville en créant de nouvelles places et des monuments, dont le plus symbolique est l’hôtel de ville.

 

  • Quelles traces retrouve-t-on de cet incendie dans les archives de la Ville ?

De très nombreux documents manuscrits, imprimés et iconographiques se complètent et permettent de documenter le déroulement, les conséquences de l'incendie et les étapes de la reconstruction. Issus des séries anciennes cotées en lettres doubles (AA, BB, CC … etc), ils ne sont pas toujours faciles à lire et demandent parfois des compétences en paléographie.

 

  • Faire face à l'urgence

Les registres DD 696 et DD 697, ainsi que les liasses DD 230 et DD 231, rédigés dans les jours qui suivent l'incendie, dressent un état des lieux des dégâts à travers les procès-verbaux des déclarations faites par les propriétaires des maisons incendiées. Ils décrivent également les mesures d'urgence prises par les autorités pour limiter la propagation du feu, sécuriser les ruines et reloger les sinistrés (DD 133). Parmi ces documents, les plans cotés 1 Fi 1 et 2 dressés par Robelin, ingénieur de la Marine et directeur des fortifications de Brest, sont des sources précieuses. Associés à des bordereaux (DD 230) listant les noms des propriétaires concernés, ils offrent une représentation parcellaire détaillée de la zone incendiée et une projection de la distribution des rues et maisons à reconstruire.

Face à un tel évènement, la communauté de ville organise les premiers secours ainsi que la lutte contre le feu (DD 236) mais, seule, elle ne peut venir à bout d'une tâche de si grande ampleur. Les documents d'archives gardent trace des nombreux arrêts du parlement ou du conseil du roi, qui témoignent de leurs interventions régulières dans la gestion de cette période de crise.  

 

  • Reconstruire la ville

L'incendie qui se déclare rue Tristin (actuelle rue de l'Horloge) dans la nuit du 22 décembre 1720 détruit, sur 10 hectares, plus de 900 bâtiments, dont certains édifices importants comme la tour de l'horloge, le présidial ou le marché couvert. Environ 8 000 sinistrés (sur une population totale d’une trentaine de milliers), doivent trouver à se loger et construisent des « baraques » contre les remparts avec les matériaux récupérés dans les décombres de la ville, dont certaines sont encore visibles rue de la Visitation (DD 133, 1 Fi 17, 18 et 23).

L'ingénieur Robelin dresse en 1723 un nouveau et ambitieux plan d'aménagement pour la ville qui dépasse largement la partie incendiée afin d'améliorer la liaison entre le nord et le sud de la Vilaine. En désaccord avec la communauté de ville, Robelin démissionne en 1724. Il est remplacé par Jacques Gabriel, contrôleur général des bâtiments du roi et premier ingénieur du royaume, mandaté en septembre 1725 par le roi pour résoudre les problèmes posés par la reconstruction de Rennes. Il reprend en partie le plan de Robelin en concentrant ses travaux sur la partie nord de la ville comme le montre le plan levé par Forestier  en 1726 (1 Fi 44).

Sur un plan régulier aux rues larges et rectilignes encadrant deux places royales, Gabriel offre à la communauté de ville le plan d'une ville moderne, qui s'affirme comme capitale de la Bretagne.

Il commence par aménager une vaste place rectangulaire conçue pour recevoir en son milieu la statue équestre de Louis XIV devant le Parlement, construit un siècle plus tôt (3 Fi 107, 9 Fi 15). Les façades des bâtiments de la place (3 Fi 105 et 106) sont travaillées pour s'harmoniser avec la façade du palais transformée, le grand escalier qui l'ornait étant supprimé (DD 341). Il poursuit ensuite par une deuxième place royale réunissant le présidial (FF 258) et le nouvel hôtel de ville (DD 47), dans la niche duquel est installée une statue pédestre de Louis XV (6 Fi 11).

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Cette galerie vous propose une sélection de 26 documents repartis en 7 parties : I. Les détails du drame ;  II. Les mesures d'urgence ; III. La lutte contre le feu ; IV. Les baraques pour loger les sinistrés ; V. Les projets de reconstruction ; VI. La place du Palais ; VII. La place neuve.

Pour une connaissance plus approfondie de l'histoire de l'incendie, il vous faudra dépouiller les liasses concernées en salle de lecture des Archives de Rennes. Vous pouvez aussi consultez l'ouvrage "Rennes 1720. L'incendie", sous la direction de Gautier AUBERT et Georges PROVOST, Presses Universitaires de Rennes, 2020.


Pistes pédagogiques

Affiche, Proclamation du maire, inauguration de la gare, 1857, 9 Fi 760 (jpg - 6776 Ko)
Gravure, inauguration de la statue équestre de Louis XIV sur la place du Palais, 1722, 6 Fi 1 (jpg - 5340 Ko)
Photographie, vue aérienne de la future ZUP Sud dite du Blosne, 1965, 350 Fi 277 (jpg - 4593 Ko)
Gravure, vue cavalière de Rennes, 1680, 6 Fi 13 (jpg - 4085 Ko)
Carte postale, caserne de Guines, 1904-1914, 100 Fi 1110 (jpg - 1965 Ko)
  • FRISE CHRONOLOGIQUE

Après avoir positionné les différents plans sur une frise chronologique, essayez d'y replacer ces différents visuels. N'hésitez pas à compléter cette sélection d'images en explorant nos fonds d'archives en ligne.

Extension de la ville de Rennes, exemple d'exercice de cartographie, Archives de Rennes (jpg - 1704 Ko)
  • CARTOGRAPHIE

À partir d'un fond de carte contemporain, retracer les limites de la ville de Rennes aux étapes charnières de son évolution pour observer son expansion

Pour aller plus loin

  • Retrouvez l'ensemble des plans de la ville de Rennes dans la série 1Fi
  • Retour sur la conférence ''L'histoire de Rennes, de cartes en plans'', animée par Gauthier Aubert et Emmanuel Grelois, aux Champs Libres, à l'occasion des Rencontres de l'Histoire en 2019.

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