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Extrait d'une délibération de l'assemblée du Conseil général de la commune, 20 octobre 1792
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Plan de la ville de Rennes levé par F. Forestier, 1726
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Plan actuel du centre ville de Rennes, 2001

 

Extrait d'une délibération de l'assemblée du Conseil général de la commune, 20 octobre 1792

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Page 1 - Lors de l'assemblée du Conseil général de la commune du 20 octobre 1792, le maire Talhouët s'exprime au sujet du changement de dénominations des rues "qui portent encore le sceau de la roïauté et de l'aristocratie". Il insiste sur le fait que la tâche n'était pas facile et qu'il a dû consulter l'opinion publique.

Page 2 - "Voici qu'elles ont été, Citoyens, les intentions qui m'ont dirigé dans mon travail. Il m'a semblé à propos de faire de nos rues et de nos places des espèces de monuments propres à rappeler dans un certain ordre , diverses époques de notre Révolution, des leçons utiles, les idées qui sont les plus chères aux français. J'ai adopté pour quelques-unes de ces rues des noms qui peuvent fournir des indications commodes ; et pour cela il m'a fallu étendre la réforme un peu plus loin que je ne comptais d'abord.
Quant au reste, je pense, Citoyens, que c'est au tem(p)s à le faire, dans un avenir qui j'espère, n'est pas fort éloigné de nous. Plusieurs quartiers de notre ville seront changés, embellis; il se fera des établissements publics; on y élèvera des monuments qui réformeront sans effort, qui enrichiront sa nomenclature topographique."


Pages 4 et 5 – Le maire revient sur cette volonté de changement et de construction de bâtiments publics. C'est le moyen d'édifier les hommes, de les toucher par des oeuvres et des dénominations grandioses afin d'en faire de vrais citoyens.

Comme il le dit : "Des philosophes et entre autres Bernardin de Saint Pierre ont exposé avec autant de Raison que d'éloquence combien il serait avantageux de multiplier, dans les grandes villes surtout, les monuments publics capables de retracer aux yeux du peuple les évènements qui l'honorent, les exemples qu'il lui importent d'imiter, ce qu'il doit d'amour à la Patrie, de soumission à la Loi"


En effet, certaines rues portent le nom de leur destination au départ de Rennes et leur nouvelle dénomination permet de faciliter l'orientation. On retrouve ici (comme dans le calendrier par exemple) ce soucis presque scientifique de rationalisation qui est vraiment l'héritage des Lumières : rue de Nantes, rue de Paris, rue de Brest.


D'autres devaient absolument disparaître car elle portaient les traces de l'Ancien Régime, de la monarchie, voire de la féodalité : rue Dauphine, rue Royale, rue d'Estrée, rue de Bourbon, rue Duguesclin, rue de l'Hermine; d'autres parce qu'elles portaient des références religieuses : rue du Chapitre, rue du Calvaire, rue Saint-Sauveur.

Les nouveaux noms font tous référence à la Révolution et à la République : Liberté, Egalité, Fraternité, Union, Justice, Loi, Peuple, Convention...


Page 3, (B) - Le parlement appelé désormais temple de la loi et la place du parlement, place de l'Egalité : "Ce théâtre où se déployait, avec tant d'insolence, l'orgueil de nos anciens oppresseurs, je la nomme place de l'Egalité afin que nos administrateurs et nos juges, se rendant au lieu ordinaire de leurs séances, se rappellent toujours que le peuple, en leur donnant une supériorité momentanée de fonctions, les charge plus particulièrement que personne de veiller au maintien du dogme sacré de l'Egalité."



Page 4, (E) - Par contre, la rue du Champ-Jacquet garde son nom car elle conduit au Champ jacquet qui doit son nom à un jardinier.

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