Archives de Rennes

Le Champ de Mars (esplanade Charles de Gaulle)

De prairie à champ de foire

Concours hippique sur la butte du Champ de Mars, XXe siècle. Archives de Rennes, 350 Fi 82_1.

Le Champ de Mars était à l'origine une prairie appelée prairie de Beaumont. Cette dernière s'étalait sur environ la moitié de l'esplanade actuelle. En 1494, elle avait été donnée aux Carmes par la famille Huguet (ou Uguet) de La Vayrie.

La conjoncture des années 1720 modifia quelque peu la physionomie de la prairie de Beaumont. En effet, une sécheresse soutenue de plus d'un mois et demi cette année-là mit à sec toutes les rivières et entraîna une forte augmentation des prix des farines. Ainsi la communauté décida la construction de plusieurs moulins. Les nouvelles sécheresses des années 1722-1723 firent prendre conscience à la Ville la nécessité d'accroître ses ressources en eau potable. Un puits fut creusé au pied de la butte l'année suivante. Ce puits appelé "la mare de Beaumont" fut abandonné presque un siècle et demi plus tard pour être finalement rouvert en 1869, suite à la visite d'un général du génie à Rennes.
De grandes modifications marquèrent la prairie de Beaumont à la fin du XVIIIe siècle. Tout d'abord, Monsieur de Montmorin, lieutenant général de Bretagne, fit créer sur la butte inculte une promenade publique. Cette dernière reçut le nom de terrasse des champs de Montmorin.

L'année suivante, elle devint propriété de la Ville. Elle prit alors la vocation d'un champ de foire. En 1790, elle fut le lieu choisi pour célébrer à Rennes la fête de la Fédération (23 mai). A cette occasion, la population toute entière participa aux terrassements et à la transformation des pâturages en un "champ de la Fédération" ou "champ de Mai".

L'agrandissement du Champ de Mars et son ancrage dans la ville

En 1802 un décret impérial prescrivit l'établissement d'un champ de manœuvre dans toute ville de garnison. C'est ainsi que cet espace prit, sous le nom de Champ de Mars, cette nouvelle fonction. A cette époque, il n'était qu'une place boueuse, traversée continuellement par la population se rendant au puits public ou piétinée par des bestiaux le premier jour du mois lors de la foire. La ville décida donc en 1811 d'entreprendre des travaux pour améliorer le chemin menant au puits et pour exécuter quelques nivellements. Quelques années plus tard, d'autres remaniements permirent de prolonger l'allée de Montmorin à l'ouest en supprimant la ferme de Beaumont et le Petit Polygone.

Les années 1860-1861 marquèrent à nouveau le Champ de Mars par un agrandissement notable et une transformation complète. La butte fut rectifiée et élargie. L'esplanade quant à elle fut remblayée et nivelée à l'ouest jusqu'à la caserne du Colombier, et au nord jusqu'aux anciens fossés de la ville transformés en un large boulevard (actuel boulevard de la Liberté). La place fut orientée nord/nord ouest et amputée à l'est pour ouvrir le boulevard Magenta.

Autrefois isolé, le Champ de Mars était désormais encadré d'avenues et de boulevards. Il occupait alors un espace d'environ 9 hectares.

Au-delà de la Seconde guerre mondiale, il garda ses fonctions traditionnelles. Dans la deuxième moitié du XXe siècle, quelques évolutions sont visibles sur ce Champ de Mars, devenu esplanade Charles de Gaulle en 1970 en l'honneur de l'ancien président récemment disparu. L'esplanade a été occupée peu à peu par des bâtiments publics : l'URSSAF, la Maison du Champ de Mars, la Maison des Métiers et de l'Artisanat d'Ille-et-Vilaine, les Douanes et la gare routière au sud, la salle omnisports au nord. Le centre de la place est devenu un immense parking.

L'esplanade Charles de Gaulle, lieu de culture et d'ouverture

De nos jours encore l'esplanade reste l'objet de grands projets. En effet, l'ancienne gare routière, transférée à côté de la gare SNCF, a laissé la place aux Champs libres. Cet équipement culturel ultramoderne, ouvert au public en 2001, regroupe à la fois la bibliothèque de Rennes Métropole, le Musée de Bretagne et l'Espace des sciences. A ses côtés se trouve le 4 Bis, un espace de 1 750 m² dédié entièrement aux jeunes (emploi, culture, logement, santé). Après 4 ans de travaux lancés en 2004, un parc de stationnement en sous-sol de 800 places a ouvert, permettant l'accès aux cirques, à la fête foraine annuelle et à la grande braderie sur l'espace central de l'esplanade. L'ouverture du complexe de cinéma Gaumont en 2008 et la fin des travaux de rénovation du Liberté (ex-salle omnisports) l'année suivante ont fait de l'esplanade Charles de Gaulle le cœur de la ville de Rennes, desservi par les grands boulevards qui l'entourent et par le métro souterrain. L'implantation de la future Cité Internationale à la place du restaurant universitaire, dont les travaux ont commencé en 2011, confortera cet espace comme un pôle incontournable de la ville.

Concours agricole de 1904. Vue d'ensemble. Archives de Rennes, 350 Fi 68_1.

Concours agricole de 1904. Promenade publique. Archives de Rennes, 350 Fi 68_4.

Concours agricole de 1904. Vue sur des machines. Archives de Rennes, 350 Fi 68_5.

Concours hippique sur la butte du Champ de Mars, XXe siècle. Archives de Rennes, 350 Fi 82_1.

Concours hippique sur la butte du Champ de Mars, XXe siècle. Archives de Rennes, 350 Fi 82_3.

Place du Champ de Mars, XXe siècle. Archives de Rennes, 350 Fi 91_2.

Hôtel des douanes. Extrait du plan de masse du projet de construction de l'Hôtel des douanes, 1963. Archives de Rennes, 1877 W 112.

Monument aux morts. Perspective de l'aménagement des abords de la salle omnisports (jardin et monument aux morts), 1954. Archives de Rennes, 1877 W 113.

Nouvel Equipement Culturel (NEC), projet. Perspective aérienne du projet du NEC par l'architecte Portzamparc, 1998. Archives de Rennes, 1535 W 2.

                                                       

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