Archives de Rennes

Pour aller plus loin

Quelques documents consultables en salle de lecture : 

1O : dossiers relatifs à l'électrification

DD 224 : les lanternes publiques de la ville et faubourgs de Rennes (1718 - 1787)

R2-86 : J.B. LE PEZRON, Pour un peu de lumière, Paris, 1986.

R2-87 : J.B. LE PEZRON, Pour un peu d'énergie, Paris, 1988.

Lanternier

Extrait de l'annuaire officiel de 1863. Jusqu'en 1913, en retrouvera les lampistes en recherchant les ferblantiers - lampistes. Après cette date, cette appellation disparaît des annuaires de Rennes. Archives de Rennes, R0-72.
Adjudication pour la fourniture de chandelles qui sont nécessaires à l'illumination publique de la ville de Rennes, 1769. Archives de Rennes, DD 224.

Jusqu'à la fin du XVIIIe siècle, les villes sont éclairées partiellement à l'aide de chandelles et de bougies. L'allumage des lampes se fait alors par des habitants, appelés "illumineurs", qui sont désignés annuellement par les autorités et qui interviennent dans leur propre quartier à des heures bien définies. On retrouve également le terme de "lanternier" pour définir le fabricant de lanternes et de lampes, les personnes en charge d'allumer les lanternes publiques, mais aussi le tenancier d'une maison close dont l'enseigne était une lanterne rouge. Dans le rôle de capitation (document CC512 visible dans le diaporama ci-dessous), la veuve Gabriel Rodier exerce la profession de lanternier, dans la 6e baraque près de la rivière, au Pré-Botté.

L'éclairage à huile, utilisé dans les réverbères, vient progressivement remplacer ce premier système d'éclairage. Il est assuré par les services municipaux.

Le 1er avril 1840, le gaz d'éclairage fait son apparition à Rennes. Sa mise en place va se faire timidement et progressivement : pendant quelques années, seul le centre-ville en bénéficie, alors que le restant de l'agglomération est toujours éclairé par les lanternes à huile.

Dans la seconde partie du XVIIIe siècle, on parlera de "ferblantier-lampiste". Celui-ci est à la fois fabricant et vendeur de lampes ou de réchauds. Cette profession pouvait souvent être exercée en couple, l'homme fabriquait les articles en fer-blanc et la femme les vendait (voir l'extrait du recensement de la population de 1886, 1F81, dans le diaporama ci-dessous : Monsieur Pinson, habitant au 5 rue Châteaurenault à Rennes, est ferblantier-lampiste).

Le 23 octobre 1902, l'électrification de la ville de Rennes est inaugurée au théâtre municipal qui constitue un lieu emblématique pour les Rennais. Cela permet d'inciter la population à évoluer vers l'usage d'un nouveau type d'éclairage, beaucoup plus moderne. À cette date, l'éclairage de gaz était déjà implanté. Il avait l'avantage de fournir une lumière douce et générait des rites d'allumage, avec l'apparition de nouvelles professions telles que les "allumeurs de réverbères".

En décembre 1904, les premières illuminations de rues ont lieu à Rennes à la demande des commerçants de la rue Le-Bastard et de la rue d'Estrées qui désirent une mise en valeur de leurs étalages.
Malgré ces grandes avancées, il faudra encore attendre plusieurs décennies pour voir la Bretagne totalement équipée en électricité, dans les années 1960.

Recensement de la population, canton Nord-Ouest, banlieue, 1886. Archives de Rennes, 1F81.

Rôle de la capitation, 1751. Archives de Rennes, CC512.

Illumination des lanternes en 1762. Détail du nombre de lanternes à allumer par nom d'habitants et par quartiers. Archives de Rennes, DD224.

Adjudication pour la fourniture de chandelles qui sont nécessaires à l'illumination publique de la ville de Rennes, 1769. Archives de Rennes, DD224.

Extrait de l'annuaire officiel de 1863. Archives de Rennes, R0-72.