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Plan de la ville de Rennes levé par F. Forestier après l'incendie arivée le 22 décembre 1720, sur lequel ont esté formés les projets tant du sieur Robelin... que du sieur Gabriel... dédié à nos seigneurs des états de Bretagne. 1726.




Papier imprimé.
Arch. mun. Rennes 1 Fi 44.

Le plan Forestier, établi à la suite de l'incendie de 1720, est particulièrement intéressant, car il permet d'appréhender à la fois la ville médiévale encore entourée de ses murailles, et la ville moderne telle qu'elle se profile d'après les plans de Robelin.

Les remparts visibles sur le plan sont le résultat de trois enceintes : la première enceinte d'origine gallo-romaine englobait un espace restreint d'une dizaine d'hectares autour de la cathédrale. C'est seulement au XVe siècle que le duc Jean V jugea nécessaire de protéger les faubourgs, de plus en plus peuplés. Il y eut deux chantiers successifs : la deuxième enceinte, construite de 1421 à 1448, protégea tout l'est de la ville au nord de la Vilaine, avec les limites nord que l'on voit sur le plan. La troisième enceinte fut entreprise avant même l'achèvement de la seconde et engloba tous les faubourgs au sud de la Vilaine, encore peu peuplés, mais où venait de s'installer le couvent des Carmes.

En 1726, cependant, les remparts ne sont plus que des vestiges ; leur démantèlement, exigé par le roi en 1602 après la Ligue, commença par la porte aux Foulons et ne prit que quelques années. En conséquence, de nouvelles rues furent percées (la rue Neuve, la rue de l'Horloge) , le Pont-Neuf fut entrepris à partir de 1612.
Au XVIIIe siècle, on remarque que l'est de la ville, tant au nord qu'au sud de la Vilaine est principalement occupé par les communautés religieuses ou les grands hôtels particuliers . L'ouest, au nord de la rivière, si l'on regarde aussi le cartouche de la partir incendiée, est le quartier le plus dense, ce qui explique la rapidité de la propagation de l'incendie. Quant au quartier sud, presque insalubre et souvent inondé (rue de la Parcheminerie, Champ-Dolent), il est habité de manière extensive par une population besogneuse, à la mauvaise réputation (ivrognes et séditieux).

L'incendie permet à Robelin de remodeler tout le centre-ville selon un projet urbain moderne : rues larges, se coupant à angle droit, parcellaire regroupé, places dégagées. Là se dessine le Rennes moderne, où est même projeté la canalisation de la Vilaine qui n'interviendra qu'au milieu du XIXe siècle.



 

 
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