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Plan et élévation des façades de la place du Palais de la ville de Rennes, du costé des entrées des rues de Saint-Sauveur et de la Cordonnerie, conforme à celui annexé à la minutte de l'arrest du conseil du Roy , lequel sera déposé à la communauté de la ville, ce huitième may mil sept cens vingt cinq. Signé : Gabriel. En dessous : Veu Feydeau (de Brou, intendant de Bretagne 1716 à 1728). 1725.




Papier, dessin aquarellé.
Arch. mun. Rennes, 2 Fi 29

Dans la nuit du 23 décembre 1720, un formidable incendie se déclara dans le centre de Rennes, qui ravagea la presque totalité de la vieille ville. Cette catastrophe fut l'occasion de reconstruire une ville nouvelle, conforme aux idées des urbanistes du XVIIIe siècle. Le nouveau plan d'urbanisme fut dressé par Robelin, ingénieur de la marine à Brest et directeur des fortifications. Ses démêlés avec la communauté de ville et son maire, Rallier du Baty, le firent remplacer par Jacques-Jules Gabriel le 14 octobre 1724.

Celui-ci modifia très peu le projet initial qu'il fit approuver par le Conseil du roi le 9 avril 1725, mais il en transforma la réalisation architecturale. Le palais du parlement de Bretagne était le plus beau monument de Rennes, construit par Salomon de Brosse. Pour le mettre en valeur, Gabriel tira parti de l'espace dégagé par l'incendie des maisons avoisinantes : il dessina une vaste place rectangulaire conçue pour recevoir en son milieu la statue équestre du Louis XIV par Coysevox. La façade du palais fut transformée, le grand escalier qui l'ornait fut supprimée. Ce plan montre les façades des maisons du côté ouest de la place envisagée. L'autre côté de la place englobait la façade existante du couvent des Cordeliers, dont le réfectoire abritait les sessions des états de Bretagne, lorsque ceux-ci se réunissaient à Rennes.

 

Plan des baraques baties par différents particuliers peu après l'incendie de la ville de Rennes, 23 décembre 1720, sur les fossés que les religieuses de la Visitation ont acquis de Sa Majesté l'an 1697 depuis la porte Saint-François jusqu'à la maison du sieur Thebaut. 1738.




Papier, dessin aquarellé.
Arch. mun. Rennes, 1 Fi 17.

L'incendie ayant mis à la rue une importante population, l'intendant donna l'autorisation de construire des édifices de fortune. Dès janvier 1721, un subdélégué, le sieur Arot, fut chargé d'examiner chaque demande. La construction ne fut permise que pour retenir à Rennes les habitants et surtout les artisans dont on avait besoin pour rebâtir. On accorda des terrains à tous ceux qui le demandaient, tant sur les emplacements appartenant à la ville de Rennes que sur ceux qui avaient été acquis, mais non occupés par les communautés religieuses et autres...

On construisit donc des baraques dans les douves abandonnées, le long des remparts, d'abord, puis dans le centre-ville, quand on sut que l'hôtel du gouverneur ne serait pas construit. L'édification anarchique - on n'attendait pas toujours l'autorisation d'Arot - de baraques à plusieurs étages favorisa la spéculation et l'intendant dut mettre bon ordre dans le tarif des loyers. Ces maisons ne devaient être que provisoires, mais il fut bien difficile de les faire détruire, au fur et à mesure que la reconstruction officielle avançait. Un arrêt du Conseil du 25 mai 1728 décida que toutes les baraques devaient être détruites dans un délai de quatre ans. En 1731, un constructeur, Auguste de Cahideuc, proteste encore contre ces baraques " sauvages " qui l'empêchent de creuser les fondations des immeubles qu'il doit bâtir.

Le plan présenté ici montre qu'en 1738, le problème des constructions sur les terrains des religieuses de la Visitation n'était pas encore réglé. Tout au long du XVIIIe siècle, les autorités prirent des mesures réglementaires qui s'avérèrent souvent inefficaces. Il existe toujours, rue de la Visitation, quelques unes de ces " baraques " qui ont défié les siècles.