Papier, plan aquarellé.
Arch. mun. Rennes, 3 Fi 29.
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Depuis toujours, la Vilaine coulait paresseusement en traversant Rennes. Des écluses avaient été construites en aval dès le XVIe siècle, mais à Rennes, elle débordait fréquemment de ses méandres et inondait au sud la basse ville restée longtemps marécageuse et insalubre. Dans son projet de reconstruction de la ville en 1721, Robelin avait prévu de la canaliser, lui donnant un cours rectiligne d'est en ouest. Les travaux n'eurent pourtant pas lieu lors de la reconstruction, mais l'idée était toujours présente chez les responsables tant municipaux que régionaux. D'ailleurs, tous les plans dessinés depuis 1721 reprenaient en pointillé le tracé de Robelin. Poussant plus avant l'étude, Chocat de Grandmaison, ingénieur en chef de la province de Bretagne, étudie ici en détail le tracé de la Vilaine entre le pont des Trois Arches (sur l'emplacement actuel du pont Pasteur) et le pont Saint-Germain (passerelle actuelle).
Tout cela restera lettre morte jusqu'en 1837 où la volonté conjuguée
du conseil municipal et du préfet firent enfin commencer le chantier,
afin d'améliorer la navigation et d'assainir la basse ville. Les
études furent confiées aux ingénieurs des Ponts et Chaussées et
le principe d'un canal de 25 m de largeur compris entre des quais
de 10 m chacun, encaissant le lit de la rivière fut adopté. Il y
eut diverses revendications relatives notamment aux nombres de ponts
et aussi de cales, ceci montrant bien l'importance à cette époque
du trafic fluvial. La première section, entre l'hôpital Saint-Yves
et le pont Saint-Georges, était terminée en 1846. Les travaux se
prolongèrent en amont et en aval jusqu'en1861.
L'histoire de la Vilaine ne s'arrête pas alors : en effet en 1910,
le maire Janvier décida de renoncer au projet de pont joignant la
rue d'Orléans au palais du Commerce et de couvrir la Vilaine entre
le pont de Berlin (actuel pont Jean-Jaurès) et le pont de Nemours
: "Ce jardin, entouré d'une belle balustrade portant des candélabres
à lumière électrique, ferait un joli parterre, qui mettrait encore
plus en valeur ce magnifique monument...". La couverture fut
étendue jusqu'à la place de la Mission au milieu du XXe siècle,
éliminant ainsi toute présence de l'eau au centre ville.
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