Archives de Rennes

Trésor d'Archives

Rôle des arquebusiers de Rennes. 1532-début XVIIe siècle.

Registre parchemin.
Rôle des arquebusiers de Rennes, 1532-début XVIIe siècle.
Archives de Rennes, CC 61.

Le privilège de papegaut avait été accordé par les ducs de Bretagne à de nombreuses villes ou bourgades dès le Moyen Âge : elles étaient trente-cinq à la fin du XVIIIe siècle. Ce privilège autorisait les archers et arbalétriers, puis les arquebusiers, à se réunir pour s'entrainer et organiser chaque année un concours de tir. Le papegaut (du vieux français qu signifie " perroquet ") était un oiseau en carton ou en bois qu'il fallait abattre : le vainqueur devenait alors le " roi du papegaut ", avec pour récompense des exemptions de droits et la permission de lever certains impôts.

C'était pour le duc, et par la suite pour le roi, une solution économique pour disposer d'hommes entraînés en cas de conflit armé. Cependant en 1770, un arrêt du Conseil supprima cette institution dans toute la Bretagne, à l'exception de Saint-Malo : le papegaut était devenu un " objet de dépense, de dissipation et de dérangement, une occasion de querelles, de procès et d'accidents funestes ".

Le papegaut de Rennes fut accordé en 1443. Les arquebusiers s'organisèrent rapidement en confrérie et le document présenté ici est le registre d'inscription des hommes "ausquelz est permy jouer et tirer de l'arquebuze à l'enseigne du papegaut et autres joyaux loyaux d'arquebuze". Un prévôt était élu chaque année sous le contrôle de la communauté de ville.

Le papegaut des archers et arbalétriers fut supprimé en 1605 par Henri IV, tandis que les arquebusiers s'entraînèrent jusqu'en 1770. La tour représentée ici est vraisemblablement la tour du Chêne, encore visible rue Nantaise et qui servit aux arquebusiers de 1460 à 1680, avant que le tir n'ait lieu dans les douves de Saint-Georges, au sud de la Motte (les arbalétriers avaient leur tour au nord du Champ-Jacquet). Il était interdit de tirer avec ses propres armes ; il fallait utiliser des armes " municipales " qui étaient ensuite entreposées dans une pièce de l'hôtel de ville. En 1719, la liste imprimée des concurrents comprenait 420 participants. On fixait le papegaut au bout d'une longue perche et on le tenait en hauteur, devant une assemblée fournie. Le tir donnait en effet lieu à une grande fête populaire. Il semble qu'en contrepartie des différents avantages dont il bénéficiait, le roi du papegaut ait été tenu d'offrir au procureur du roi deux paires de bas de soie, deux paires de gants et des bouquets aux dames.

 

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